On appelle "stage" un embarquement sur un Grand Voilier au cours duquel le "stagiaire" est incorpér à l'équipage et participe à l'ensemble des manoeuvres. Il ne s'agit pas de formation professionnelle, mais de découvrir, pour sa culture personnelle, le métier de marin sur un Grand Voilier.
En fait, le terme stagiaire est à peu près la traduction de l'anglais "trainee". C'est en quelque sorte l'apprentissage du métier de marin sur un voilier. On n'est pas obligé de participer à tout, mais c'est quand même ce qu'il y a de mieux, c'est le meilleur moyen de s'intégrer, de communiquer avec les marins professionnels, et d'apprendre, même pour le simple plaisir, les métiers de la mer et la vie à bord.
On participe donc à toutes les manoeuvres, pour hisser les voiles, virer de bord, tenir la barre, calculer la route, le tout bien sûr sous le contrôle de l'équipage. On participe également à tous les travaux nécessaires pour maintenir le voilier en bon état, comme laver le pont, faire les cuivres, les vitres, la plonge etc... Seules les travaux qui s'exécutent dans la mâture sont généralement réservés aux gabiers, car bien qu'on soit équipés de harnais de sécurité, ces opérations sont difficiles et parfois dangereuses. Mais on peut quand même grimper sur les vergues, si on n'a pas le vertige. Ca se fait généralement par temps calme, voire au mouillage.
Le cuistôt est généralement le seul homme à bord n'acceptant pas d'aide des stagiaires (sauf pour la plonge quand il n'y a pas de lave-vaisselle).
Lorsque le voilier navigue de nuit, l'équipage (dont les stagiaires) est divisé en quarts, et chacun participe alors au maniement du voilier en tournant par quarts: 20h-24h, 24h - 4h, 4h - 8h. Et je peux en attester, tenir la barre de nuit est quelque chose d'inoubliable.
Encore une fois, on n'est jamais forcé de travailler, ce n'est pas l'armée (bien que sur certains voiliers ça y ressemble), mais il est difficile de rester le cul planté sur un banc en regardant les autres bosser!
Ce qui est sympa, c'est que toutes les manoevres auxquelles on participe sont expliquées en termes clairs, on nous explique pourquoi faire comme ceci, pourquoi fait-on telle ou telle manoeuvre, ce qui se passe quand on tire sur un bout, et ce qui se passe si on ne le fait pas bien.
On s'aperçoit rapidement que la vie à bord nécessite de respecter des règles immuables. Plus encore je pense que sur un navire à moteur, la vie à bord d'un voilier nécessite cohésion, bonne entente et bonne exécution des ordres. Si une manoeuvre rate parce qu'elle a été mal exécutée, il faut la recommencer. Lorsqu'un 3 mâts met parfois jusqu'à 3/4 d'heures pour effectuer un virement de bord et que l'opération n'a pas marché, c'est autant de travail et de fatigue dépensés en pure perte... Et tout ça on nous l'apprend, avec des mots clais, et en toute simplicité.
Et toutes ces règles peuvent être bien sûr transcrites dans la vie de tous les jours, et ça marche à tous les coups!
Selon les voiliers, le stage peut être également animé de cours de matelotage (art de faire les noeuds), d'histoire du voilier et de la marine à voile, de météo, etc... C'est en tout cas ce dont j'ai pu profiter sur le Belem l'an dernier.
Enfin, la durée des stage est extrèmement variable. Cela peut aller d'une journée à plusieurs semaines, il n'y a pas vraiment de limite, la majorité allant de 3 à 8 jours. On peut aussi participer à des manifestations comme la Tall Ships Race dont tu as peut-être lu les récits sur ce forum. Le règlement n° 1 de cette course amicale est que les équipages doivent être agés pour au moins la moitié de jeunes de moins de 25 ans.
Voilà, j'espère ne pas avoir été trop long (c'est mon défaut, je le sais), mais il n'était pas possible de répondre à tes questions en 2 ou 3 lignes!
Bien amicalement.
Migou