
Bonsoir à toutes et à tous,
J'ai eu l'immense privilège de naviguer à bord de La Boudeuse entre Fécamp et Brest du 21 au 25 octobre dernier, comme nous l'avait promis Patrice Franceschi. Dommage que compte tenu de l'époque j'aie été le seul à pouvoir embarquer. Mais pas de souci cependant pour mes camarades de jeux, ils pourront le faire dès que l'opportunité se présentera. Voici donc quelques photos et impressions de cette petite navigation.

D'abord, tout s'est très bien passé, même si cette navigation, et c'était d'ailleurs l'un des buts poursuivi a permis de mettre en évidence un certain nombre de problèmes liés aux travaux effectués au Havre.
Au niveau de la peinture, ils ont oublié de faire comme les enzymes du sketch de Coluche, c'est à dire aller voir derrière!

Impossible de hisser le clinfoc, un oeil sur la drisse coince dans une poulie.
Une poulie de l'une des drisses attachée au pied du mât de misaine a été montée avec un demi tour d'erreur, ce qui fait que que les cordages sont un peu torsadés. ça marche quand même mais ce n'est pas top.
Le combiné du talkie-walkie de dunette n'est pas étanche. Un peu embêtant pour un appareil nautique!
Bon, ce ne sont que des petits détails qui se règleront facilement.
Plus grave aurait pu être le problème du guindeau qui aurait pu se détacher au mouillage à Lanveoc car il n'était pas fixé! C'est criminel.
Ceci dit, au cours de ces trois jours, j'ai pu confirmer, ou infirmer certaines informations que nous donnions au public.
1) La Boudeuse n'usurpe absolument pas son surnom de "Rouleuse". Surtout
lorsqu'il n'y a pas de vent, ou un vent de face obligeant à marcher au moteur et qu'il y a de la houle. C'est impressionnant. Et pas commode pour barrer et pour manger. J'ai pu également vérifier que les fargues séparant les tables étaient fort utiles! C'est également très gênant pour dormir. Impossible de trouver le sommeil quand il faut sans cesse se cramponner pour ne pas se faire éjecter de la bannette.
2) Concernant la position du timonier, il est faux de dire qu'il peut être assis sur la tortue. En revanche, il est exact que le manque de visibilité vers l'avant n'a aucune importance, la vigie remplissant cette fonction. En fait, il n'a rien à cirer côté visibilité, car il a l'oeil constamment rivé sur le compas. Surtout quand on navigue sur une mer avec de forts courants, ce qui est le cas de la Manche. Il faut constamment surveiller le joli disque gradué, sous peine de se faire embarquer d'un côté ou de l'autre et d'avoir toutes les peines du monde à reprendre le cap. Crevant. Après une heure de barre, on est content de faire un peu de vigie... Mais c'est passionnant.
3) L'eau osmosée est excellente à boire. Elle n'a aucun goût, contrairement à l'eau de la ville de Fécamp, fortement chlorée.
4) Le capitaine fait réellement la vaisselle et le ménage. J'en ai la preuve en image. Surtout lorsque l'effectif est un peu réduit comme c'était le cas, il n'hésite pas à s'inclure dans les rôles de propreté. Fait suffisamment rare pour être signalé.
L'équipage s'entend toujours à merveille, dommage que Nico n'ait apparemment pas eu la patience d'attendre son contrat. Il a je pense été remplacé par Géraldine, un petit bout de bonne femme super énergique, marrante comme tout, qui a été gabier sur La Recouvrance cet été. J'ai retrouvé avec plaisir Jean-Marc, second capitaine, que j'ai connu sur La Recouvrance en 2007 entre le Golfe du Morbihan et Brest, et qui avait pris le commandement de la goélette en remplacement de Jean-Hervé parti en stage sécurité. Toujours aussi sympa, zen, très porté sur l'écologie. Mélanie est une jeune toubib, assez timide, et très sympa. Il y a aussi Paul Le Cann, bosco, qui a navigué avec La Boudeuse dans le Pacifique (ou l'Océan Indien ou les deux). Il était de ceux qui ont enregistré une gîte pas croyable due à un "grain blanc", c'est à dire un grain indétectable. C'était le second qui était de quart, un ancien de la voile de compète. Patrice nous a raconté qu'il était dans sa bannette lorsqu'il y a eu un coup de gîte formidable, ce qui arrivait de temps en temps, mais là, le voilier ne se relevait pas. Il est monté dans le carré, l'eau s'engouffrait jusqu'à la ceinture par la porte ouverte. La lisse était dans l'eau! Pensant que ça se passait comme en régate, le second laissait faire au lieu de choquer tout!
Côté amarinage, il y a eu quelques estomacs un peu barbouillés

, mais c'est normal vu les conditions de mer que nous avions.
Cyril est toujours aussi bon cuistôt, et bien qu'il n'était pas tout à fait au mieux de sa forme, on s'est régalés, même avec les plats les plus simples, et il a vraiment le chic pour gérer les restes (quand il y en avait...).
J'ai eu le plaisir d'embouquer le Chenal du Four (entre continent et Molène) même si j'étais obligé de faire très attention car s'il est bien balisé, il n'est pas très large et avec le "jus", La Boudeuse avait parfois tendance à partir sur des chemins de traverse! Mais de nuit (2h30), c'est génial.
Voilà, je crois vous avoir dit l'essentiel. J'ai été super bien accueilli par l'ensemble de l'équipage, vraiment c'était un régal.
Et les photos suivent:
L'album complet dans quelques jours sur
http://www.clinfoc.com